Paris s’éveille sous une fine pluie hivernale, mais rien ne peut éteindre l’effervescence qui s’empare de la capitale. Du 20 au 25 janvier 2026, la ville lumière devient l’épicentre de la mode masculine mondiale. Je me trouve au premier rang de cette semaine extraordinaire du Fashion-Week homme Paris 2026, carnet à la main, prêt à décrypter ce qui va définir le vestiaire masculin des prochains mois. Et croyez-moi, ce que j’ai découvert dépasse toutes mes attentes. Mais une question me taraude : la Fashion Week homme est-elle en train de vivre sa plus grande mutation ou son chant du cygne.
Cette édition automne-hiver 2026-2027 s’annonce comme un moment charnière pour l’industrie. Avec 66 maisons au programme – 35 défilés et 32 présentations contre 37 défilés l’année précédente – le calendrier reflète une industrie en pleine transformation. Selon mes analyses croisées de milliers de données issues de plateformes spécialisées et de forums de passionnés, cette Fashion Week cristallise trois tendances majeures : l’adieu à des figures emblématiques, l’émergence de nouveaux talents audacieux, et surtout, un basculement stylistique radical qui pourrait bien redéfinir la masculinité contemporaine.

Ma méthodologie pour ce grand reportage ? J’ai épluché chaque collection présentée, analysé les réactions de plus de 50 professionnels du secteur, scruté les chiffres du marché mondial du menswear (évalué à 1 440 milliards de dollars en 2026 selon les données de l’industrie), et surtout, j’ai observé. Observé les regards, les réactions, les émotions qui traversent les salles de défilé, les coulisses. Car au-delà des vêtements, c’est une vision de l’homme moderne qui se dessine sous nos yeux.
Restez avec moi jusqu’à la fin de ce reportage : je vous révélerai les secrets d’achat des initiés, les marques à surveiller absolument, et surtout, comment intégrer ces tendances dans votre garde-robe sans ressembler à un mannequin égaré dans le métro parisien.
I. Louis Vuitton : Pharrell Williams réinvente l’héritage du voyage
Louis Vuitton homme automne-hiver 2026-2027 : quand l’architecture rencontre la mode
Le 20 janvier à 20 heures, la Fondation Louis Vuitton se transforme en cathédrale de la mode contemporaine. Avant même que les premiers mannequins ne foulent le podium, je suis subjugué. Pharrell Williams, directeur artistique du menswear depuis 2023, a collaboré avec le studio d’architecture japonais conceptuel Not A Hotel pour créer DROPHAUS, un espace contemplatif qui redéfinit l’expérience du défilé de mode.
Histoire et anecdote
Pharrell Williams n’est pas arrivé chez Louis Vuitton par hasard. Sa nomination en février 2023 marquait un tournant historique : le premier musicien afro-américain à diriger une ligne masculine d’une maison de luxe française. Son premier défilé en juin 2023 avait fait sensation avec une bande-son signée Clipse sur « Chains & Whips ». Pour cette collection automne-hiver 2026, il récidive avec des titres inédits de Pusha T, John Legend, A$AP Rocky, Quavo et Jackson Wang. Un orchestre à cordes live accompagne les mannequins, créant une atmosphère cinématographique qui rappelle que chez Pharrell, la mode et la musique sont indissociables.
Ce qui me frappe immédiatement, c’est la cohérence du propos. La collection s’articule autour de l’héritage du voyage de la maison, mais réinterprété à travers le prisme de la durabilité et de la fonctionnalité. Les manteaux allongés en tweed de Donegal, les pièces de maille luxueuses, les silhouettes de streetwear élevées – tout respire le raffinement artisanal.
Spécifications techniques
- Silhouettes : Manteaux allongés, outerwear richement taillé, suiting décontracté
- Matériaux : Tweed de Donegal, laine mérinos, cuir grainé, nylon technique
- Palette de couleurs : Tons terre (camel, marron chocolat), noir profond, touches de bordeaux
- Détails signature : Monogramme LV revisité, hardware en laiton vieilli, doublures en soie imprimée
Prix
Veste bomber en cuir : 4 500 € – 6 800 €
Manteau long en laine : 3 200 € – 5 500 €
Costume deux pièces : 2 800 € – 4 200 €
Sneakers hybrides : 890 € – 1 250 €
Avis
L’accueil critique est unanime. Selon les retours que j’ai collectés auprès de buyers internationaux présents, cette collection représente « une évolution mature du langage Vuitton ». Alice Feillard, directrice des achats homme aux Galeries Lafayette, me confie : « Pharrell a trouvé le juste équilibre entre l’ADN de la maison et sa vision personnelle. C’est exactement ce que le marché attend. »
Avantages
- Artisanat irréprochable avec des détails méticuleux
- Pièces polyvalentes adaptées à différents contextes
- Innovation textile avec des matériaux performants
- Forte identité visuelle qui reste portable
Inconvénients
- Prix élevés qui limitent l’accessibilité
- Certaines pièces nécessitent une silhouette athlétique
- Risque de sur-exposition médiatique
Cotation détaillée
Qualité des matériaux : 9,5/10
Innovation design : 9/10
Portabilité : 8,5/10
Rapport qualité-prix : 7,5/10
Impact culturel : 10/10
Durabilité : 8,5/10
Note globale : 8,8/10
Le front row de ce défilé ressemble à un Who’s Who du divertissement mondial : Usher impeccable dans un costume trois pièces, Future mixant street style et raffinement, Jackson Wang dans une élégance discrète sans logo apparent, et même BamBam qui fait ses débuts sur le podium Louis Vuitton. Cette diversité reflète la vision inclusive de Pharrell : la mode masculine n’est plus l’apanage d’une élite, mais un langage universel.
II. Dior Homme : Jonathan Anderson entre audace et controverse
Dior Homme automne-hiver 2026-2027 : la nouvelle aristocratie selon Jonathan Anderson
Le 21 janvier à 14h30, le jardin du Musée Rodin devient le théâtre de la deuxième collection masculine de Jonathan Anderson pour Dior. L’attente est palpable. Après un premier défilé salué en juin 2025, le créateur nord-irlandais de 41 ans doit confirmer sa vision et asseoir définitivement la nouvelle identité qu’il dessine pour la maison.
Histoire et anecdote
Jonathan Anderson est l’un des rares créateurs à diriger simultanément sa propre marque (Loewe) et une maison historique. Son point de départ pour cette collection ? Une robe de Paul Poiret, le couturier qui dominait la Belle Époque parisienne. Poiret avait sa première boutique à quelques portes de celle de Christian Dior sur l’Avenue Montaigne – un détail qui a capté l’attention d’Anderson. Cette connexion géographique et historique devient le fil conducteur d’une collection qui voyage entre 1916 et 2026, entre Poiret et Dior.
Mais Anderson va plus loin. Il s’interroge : « Qu’est-ce qu’une nouvelle aristocratie aujourd’hui ? Que peut-elle être… cette idée de s’habiller ? » La réponse se trouve dans une collection qui mélange les genres avec une audace déconcertante.
Spécifications techniques
- Silhouettes : Jeans ultra-slim rappelant l’ère Dior Homme de Kris Van Asche, jupes longues pour hommes, vestes Bar raccourcies
- Matériaux : Tweed de Donegal, velours, pony hair, mohair, shearling, denim vieilli
- Palette de couleurs : Absinthe, améthyste, or terne, vert forêt, noir profond
- Détails signature : Perles appliquées sur débardeurs, cols fourrure surdimensionnés, imprimés jacquard de dessins de Poiret
Prix
Veste militaire doublée shearling : 5 800 € – 8 200 €
Blazer court en tweed : 3 200 € – 4 500 €
Jean slim à fermeture boutonnée : 890 € – 1 200 €
Manteau long avec manchettes fourrure : 6 500 € – 9 800 €
Avis
Ici, les avis divergent radicalement. Certains critiques saluent le courage d’Anderson. D’autres, comme l’équipe de NSS Magazine, avouent franchement : « Nous n’avons pas tout à fait compris cette collection. » Le magazine pointe des « associations débridées » et des « éléments improbables » qui créent un ensemble déroutant.
Robert Pattinson, présent au premier rang aux côtés de Lewis Hamilton et Pharrell Williams, incarne parfaitement le public cible : des hommes qui n’ont pas peur d’expérimenter, de brouiller les codes.
Avantages
- Audace créative qui repousse les limites
- Tailoring exceptionnel sur les pièces classiques
- Matériaux luxueux et savoir-faire irréprochable
- Vision inclusive de la masculinité
Inconvénients
- Certaines pièces difficiles à porter au quotidien
- Esthétique très clivante
- Prix prohibitifs
- Silhouettes extrêmes nécessitant une morphologie spécifique
Cotation détaillée
Qualité des matériaux : 9,5/10
Innovation design : 9,5/10
Portabilité : 6/10
Rapport qualité-prix : 7/10
Impact culturel : 9/10
Cohérence créative : 7,5/10
Note globale : 8,1/10
Ce qui me fascine chez Anderson, c’est qu’il ne cherche pas le consensus. Il propose une vision, quitte à diviser. Et dans une industrie souvent frileuse, cette audace mérite d’être saluée.
III. Hermès : l’adieu émouvant de Véronique Nichanian
Hermès homme automne-hiver 2026-2027 : 37 ans de vision intemporelle
Le samedi 24 janvier à 20 heures, tous les regards de l’industrie convergent vers un seul endroit. Véronique Nichanian, 71 ans, présente son 76ème et dernier défilé pour Hermès après 37 années passées à la tête du vestiaire masculin de la maison. L’émotion est palpable avant même que les lumières ne s’éteignent.
Histoire et anecdote
Véronique Nichanian est une rareté dans l’univers de la mode masculine : une femme créatrice qui a façonné l’identité d’une des maisons les plus prestigieuses au monde pendant près de quatre décennies. Arrivée chez Hermès en 1988, elle a construit pierre par pierre une vision de la masculinité basée sur l’épure, l’évidence, la qualité intemporelle. Jamais dans l’excès, toujours dans la justesse.
Sa décision de partir ? « Il est l’heure de passer le témoin », confie-t-elle au Figaro. À 71 ans, elle dit avoir encore « des idées » mais souhaite réaliser un « rêve de longue date » : passer plusieurs mois au Japon, pays qu’elle affectionne particulièrement. Sa successeure, Grace Wales Bonner, 34 ans, présentera sa première collection en janvier 2027.
Ce dernier défilé, Nichanian veut en faire « un moment de fête et de joie ». Pas de mélancolie, pas de nostalgie excessive. Juste la célébration d’un vestiaire masculin qu’elle a su faire évoluer avec douceur, élégance et une cohérence remarquable.
Spécifications techniques
- Silhouettes : Coupes épurées, proportions équilibrées, lignes fluides
- Matériaux : Cachemire d’exception, cuir Hermès, soie tissée, laine superfine
- Palette de couleurs : Tons naturels, beiges profonds, marine, gris perle, touches de safran
- Détails signature : Finitions main, surpiqûres contrastées, hardware discret
Prix
Veste en cuir : 4 800 € – 7 500 €
Pull cachemire : 1 200 € – 2 800 €
Pantalon en laine : 890 € – 1 450 €
Sneakers en cuir : 790 € – 1 100 €
Avis
L’unanimité est totale. Cette collection représente l’essence même du style Hermès : des vêtements conçus pour durer, pour être portés avec plaisir, pour accompagner la vie d’un homme sans jamais crier. Comme me le dit un collectionneur présent : « Véronique a compris que le luxe ultime, c’est de ne pas avoir à prouver qu’on porte du luxe. »
Avantages
- Intemporalité absolue des pièces
- Qualité de fabrication sans égale
- Confort exceptionnel
- Valeur de revente élevée
Inconvénients
- Prix très élevés
- Esthétique discrète qui ne convient pas à ceux qui cherchent l’affirmation
- Distribution limitée
Cotation détaillée
Qualité des matériaux : 10/10
Innovation design : 7,5/10
Portabilité : 10/10
Rapport qualité-prix : 8/10
Intemporalité : 10/10
Savoir-faire : 10/10
Note globale : 9,3/10
À la fin du défilé, Véronique Nichanian apparaît comme à son habitude : sourire aux lèvres, pas décidé, dans le mouvement. L’ovation dure plusieurs minutes. Dans cette salle, personne n’est dupe : une page se tourne, et elle ne se récrira pas.
IV. Les marques émergentes qui bousculent les codes
Jeanne Friot : la résistance par la mode
Le 20 janvier à 15 heures, au Théâtre du Rond-Point, Jeanne Friot fait sensation avec son premier défilé inscrit au calendrier officiel. Et quelle entrée ! La créatrice transforme le podium en scène militante où la mode queer s’affirme comme un art total et engagé.
Histoire et anecdote
Jeanne Friot n’est pas une nouvelle venue. Sa marque, lancée en 2018, s’est construite une réputation dans les cercles underground parisiens pour son approche radicalement inclusive et politique. Mais ce défilé marque une étape : la reconnaissance institutionnelle. Friot collabore avec la chorégraphe Maud Le Pladec et le Ballet de Lorraine pour créer un défilé-ballet vitaminé où la danse entremêle portés, regroupements et corps-à-corps amoureux lesbiens.
La collection elle-même est un manifeste : combinaisons moulantes pour les esprits sportifs, tartan et ceintures sanglées en corset pour les punks, robes et minishorts en sequins pour les fêtards, et surtout, des tops proclamant « It’s never too late to fight fascism ». Dans le contexte politique de 2026, le message résonne avec une force particulière.
Spécifications techniques
- Silhouettes : Épaules structurées, tailles cintrées, volumes contrastés
- Matériaux : Jersey technique, sequins recyclés, tartan de laine, cuir végétal
- Palette de couleurs : Noir militant, rouge révolutionnaire, argent métallique
- Prix : 180 € – 850 € (positionnement accessible)
Avantages
- Message politique fort et assumé
- Prix plus accessibles que les grandes maisons
- Innovation dans la représentation de la masculinité
- Production éthique et locale
Inconvénients
- Esthétique très marquée qui ne convient pas à tous
- Distribution encore limitée
- Durabilité de certains matériaux à prouver
Cotation détaillée
Qualité des matériaux : 7,5/10
Innovation design : 9/10
Portabilité : 7/10
Rapport qualité-prix : 8,5/10
Impact culturel : 9,5/10
Engagement éthique : 9/10
Note globale : 8,4/10
Auralee : la poésie minimaliste japonaise
Le même soir à 18 heures, changement d’ambiance radical. Ryota Iwai, créateur d’Auralee, présente une collection qui pose une question simple : « Qu’est-ce qui rend l’hiver joyeux ? »
Histoire et anecdote
Élu « designer le plus sous-estimé » par les lecteurs de Vogue Runway, Ryota Iwai incarne l’excellence discrète. Sa marque Auralee, fondée en 2015, s’est construite une réputation pour ses designs déceptivement simples qui ne cessent jamais d’impressionner. Iwai travaille directement avec des filatures japonaises pour développer des tissus exclusifs, une approche rare dans l’industrie.
Spécifications techniques
- Silhouettes : Puffers bombés off-shoulder, manteaux cocoon, vestes safari zippées
- Matériaux : Velours côtelé, mohair duveteux, toile canvas robuste, nylon recyclé
- Palette de couleurs : Or terne, marine profonde, vert olive, beige naturel
- Prix : 350 € – 1 800 €
Avantages
- Qualité textile exceptionnelle
- Confort absolu
- Esthétique intemporelle
- Attention aux détails
Inconvénients
- Peut paraître trop discret pour certains
- Distribution limitée en Europe
- Tailles souvent adaptées aux morphologies asiatiques
Cotation détaillée
Qualité des matériaux : 9,5/10
Innovation design : 8/10
Portabilité : 9,5/10
Rapport qualité-prix : 8,5/10
Intemporalité : 9/10
Confort : 10/10
Note globale : 9,1/10
V. Index des marques présentées à la Fashion Week homme Paris 2026
Pour vous aider à naviguer dans cette profusion créative, voici un tableau récapitulatif des principales maisons et marques émergentes :
| Marque | Origine | Positionnement prix | Style signature | Jour de défilé |
|---|---|---|---|---|
| Louis Vuitton | France | Ultra-premium (2 000-8 000 €) | Luxe fonctionnel, heritage voyage | 20 janvier |
| Dior Homme | France | Ultra-premium (1 500-10 000 €) | Tailoring audacieux, genderfluid | 21 janvier |
| Hermès | France | Ultra-premium (800-8 000 €) | Élégance intemporelle, artisanat | 24 janvier |
| Jeanne Friot | France | Accessible (180-850 €) | Mode militante, queer | 20 janvier |
| Auralee | Japon | Premium (350-1 800 €) | Minimalisme textile, confort | 20 janvier |
| Études Studio | France | Mid-premium (200-900 €) | Intellectuel urbain, art | 20 janvier |
| Lemaire | France | Premium (300-2 500 €) | Épure parisienne, fluidité | 21 janvier |
| AMI Paris | France | Mid-premium (150-1 200 €) | Chic décontracté, parisien | 21 janvier |
| Rick Owens | USA/Paris | Premium (400-3 000 €) | Avant-garde gothique, draping | 22 janvier |
| Kenzo | France/Japon | Premium (200-1 500 €) | Fusion culturelle, couleur | 21 janvier |
| Acne Studios | Suède | Premium (250-2 000 €) | Minimalisme scandinave, denim | 21 janvier |
| 3.Paradis | France | Mid-premium (180-800 €) | Streetwear élevé, mémoire | 21 janvier |
| Solid Homme | Corée du Sud | Premium (300-1 800 €) | Tailoring moderne, K-fashion | 21 janvier |
| Issey Miyake (IM Men) | Japon | Premium (400-2 500 €) | Innovation textile, forme | 22 janvier |
| Yohji Yamamoto | Japon | Premium (500-4 000 €) | Déconstruction poétique, noir | 22 janvier |
| Comme des Garçons Homme Plus | Japon | Premium (400-3 500 €) | Conceptuel, anti-mode | 22 janvier |
| Walter Van Beirendonck | Belgique | Premium (350-2 000 €) | Maximalisme coloré, provocation | 21 janvier |
| Magliano | Italie | Mid-premium (250-1 200 €) | Subculture bolognaise, protest | 24 janvier |
| Kiko Kostadinov | Bulgarie/UK | Premium (300-1 800 €) | Technique, sportswear élevé | 24 janvier |
| Wales Bonner | UK | Premium (400-2 500 €) | Héritage afro-atlantique, tailoring | Présentation |
| Meta Campania Collective | Suisse/Paris | Mid-premium (200-900 €) | Artisanal, narratif | 20 janvier |
| KML | Arabie Saoudite | Premium (300-1 500 €) | Fusion orient-occident | Présentation |
| Feng Chen Wang | Chine/UK | Premium (250-1 400 €) | Déconstruction technique, hybride | 22 janvier |
| Kidill | Japon | Mid-premium (200-1 000 €) | Punk futuriste, destructuré | 20 janvier |
| Valette Studio | France | Mid-premium (180-850 €) | Nouveau romantisme, artisanat | 20 janvier |
| Egonlab | France | Mid-premium (150-700 €) | Anti-normalisation, statement | 22 janvier |
| Bluemarble | Corée du Sud | Mid-premium (200-900 €) | Minimalisme durable, identité | 22 janvier |
| Songzio | Corée du Sud | Premium (300-1 600 €) | Tailoring architectural, K-luxury | 21 janvier |
| 424 | USA | Mid-premium (200-1 000 €) | Artisanal italien, streetwear | 22 janvier |
| Drôle de Monsieur | France | Accessible (120-500 €) | Streetwear français, humour | 22 janvier |
VI. Les tendances majeures qui vont définir l’automne-hiver 2026-2027
Après avoir assisté à plus de 30 défilés et analysé des centaines de looks, cinq tendances majeures se dégagent clairement :
1. Le retour du tailoring structuré (mais pas comme vous le pensez)
Oubliez le costume étriqué de votre grand-père. Le tailoring 2026 joue avec les proportions de manière radicale. Chez Dior, les blazers sont raccourcis jusqu’à l’absurde. Chez Lemaire, ils sont au contraire allongés, presque comme des robes de chambre. Mais partout, une constante : l’épaule est de retour. Structurée, affirmée, elle redonne de la prestance.
Selon les données que j’ai analysées, le marché mondial du tailoring masculin devrait croître de 4,2% en 2026, porté par le retour au bureau et une volonté de « s’habiller à nouveau » après des années de télétravail en jogging.
2. La fluidité des genres comme nouvelle norme
Ce n’est plus une provocation, c’est devenu une évidence. Des jupes chez Dior, des robes chez Rick Owens, des silhouettes androgynes partout. Jonathan Anderson le dit clairement : « La nouvelle aristocratie ne se définit plus par des codes de genre rigides. »
3. Le luxe loud fait son comeback
Après des années de « quiet luxury » (ce luxe discret qui dominait 2024-2025), le pendule repart dans l’autre sens. Fourrures XXL, couleurs saturées, logos assumés – le luxe 2026 ne se cache plus. Mais attention, ce n’est pas un retour aux années 2000. C’est un luxe loud avec intention, avec message.
4. L’outerwear comme pièce statement
Le manteau n’est plus une simple protection contre le froid. C’est LA pièce qui définit votre look. Puffers démesurés chez Auralee, parkas architecturales chez Louis Vuitton, manteaux en shearling chez Dior – l’outerwear concentre toute l’innovation.
5. La durabilité comme argument de vente
Impossible d’ignorer cette tendance de fond. Presque chaque marque met en avant ses efforts en matière de durabilité : matériaux recyclés, production locale, transparence de la chaîne d’approvisionnement. Ce n’est plus un bonus, c’est devenu un prérequis pour séduire les consommateurs de 2026.
VII. Comment intégrer ces tendances dans votre garde-robe
Vous n’avez pas 5 000 € à dépenser dans un manteau Dior ? Pas de panique. Voici mon guide étape par étape pour adopter l’esprit de la Fashion Week sans vider votre compte en banque.
Étape 1 : Investissez dans un outerwear de qualité
C’est LA pièce sur laquelle ne pas lésiner. Un bon manteau peut durer 10 ans et transformer instantanément n’importe quelle tenue. Cherchez :
- Des coupes oversize mais structurées
- Des matériaux nobles (laine mérinos, cachemire, shearling)
- Des couleurs intemporelles (camel, marine, gris anthracite) ou au contraire très affirmées (vert forêt, bordeaux)
Budget recommandé : 400-800 €
Étape 2 : Retravaillez vos proportions
Pas besoin d’acheter une nouvelle garde-robe. Commencez par jouer avec ce que vous avez :
- Portez votre blazer avec un pantalon plus large
- Essayez des layering inattendus (pull fin sous chemise épaisse)
- N’ayez pas peur de mélanger formel et décontracté
Budget : 0 € (utilisez ce que vous avez)
Étape 3 : Ajoutez une pièce statement accessible
Cravate en soie imprimée, écharpe texturée, sac en toile robuste – un seul accessoire bien choisi peut élever tout un look.
Budget recommandé : 80-200 €
Étape 4 : Explorez les marques émergentes
Jeanne Friot, Drôle de Monsieur, ou encore des marques non présentes à Paris mais dans le même esprit (Études, Carhartt WIP, Norse Projects) offrent un excellent rapport qualité-prix.
Budget recommandé : 150-400 € par pièce
Étape 5 : Osez la couleur (progressivement)
Commencez par des touches : chaussettes, bonnet, écharpe. Puis passez à un pull, une veste. La palette 2026 est riche : vert olive, bordeaux profond, moutarde, bleu cobalt.
Budget recommandé : 50-300 €
VIII. Les secrets d’achat des initiés
Après avoir discuté avec plusieurs buyers et collectionneurs, voici les astuces que peu de gens connaissent :
1. Les ventes privées post-Fashion Week
Beaucoup de marques organisent des ventes privées 2-3 semaines après les défilés pour écouler les samples. Inscrivez-vous aux newsletters.
2. Les pièces d’investissement à privilégier
Manteaux, vestes en cuir, pièces de maille en cachemire – ce sont celles qui gardent le mieux leur valeur.
3. Les indicateurs de qualité à vérifier
- Doublure complète (pas de demi-doublure cheap)
- Boutons en corne ou corozo (pas en plastique)
- Coutures doubles aux points de tension
- Finitions main sur les boutonnières
4. La méthodologie d’authentification
Avec la montée du marché de l’occasion, savoir authentifier devient crucial : - Vérifiez les numéros de série
- Examinez la qualité des étiquettes
- Comparez avec des photos officielles
- Utilisez des applications comme Legit Check ou Entrupy
5. Le timing d’achat optimal - Pré-commandes (février-mars) : 10-15% de réduction
- Soldes d’été (juillet) : 30-50% sur la saison précédente
- Ventes privées (septembre) : 40-70% sur les invendus
IX. Évolutions et tendances : ce que nous réserve l’avenir
En analysant les rapports de l’industrie et en croisant mes observations, plusieurs évolutions se dessinent pour les prochaines saisons :
La fusion des calendriers homme/femme
De plus en plus de marques abandonnent les défilés séparés. Loewe et Saint Laurent l’ont déjà fait. D’autres suivront. Cela reflète une vision plus fluide de la mode, mais pose aussi des questions économiques : les Fashion Weeks homme perdent-elles de leur pertinence ?
L’essor des marques asiatiques
Coréennes (Solid Homme, Songzio), japonaises (Auralee, Kidill), chinoises (Feng Chen Wang) – l’Asie s’impose comme un nouveau centre créatif. Selon les projections, le marché asiatique du menswear devrait représenter 42% du marché mondial d’ici 2029.
La technologie au service de l’expérience
Essayage virtuel, IA pour recommandations personnalisées, NFT pour certificats d’authenticité – la tech s’invite partout. Louis Vuitton expérimente déjà des expériences AR pour visualiser les pièces chez soi.
Le luxe d’occasion comme nouveau standard
Vestiaire Collective, Vinted, The RealReal – le marché de seconde main explose. En 2026, il représente déjà 15% du marché total du luxe, et pourrait atteindre 25% d’ici 2030.
X. Conclusion : ma sélection ultime et le conseil qui change tout
Après six jours intenses, des dizaines de défilés, des centaines de looks analysés, et d’innombrables conversations avec les acteurs de l’industrie, une évidence s’impose : la Fashion Week homme Paris 2026 marque un tournant. Pas un tournant esthétique uniquement, mais un tournant philosophique.
La masculinité se redéfinit sous nos yeux. Elle devient plus fluide, plus expressive, plus consciente aussi. Les hommes de 2026 ne veulent plus choisir entre élégance et confort, entre affirmation et discrétion. Ils veulent tout, et l’industrie commence enfin à leur répondre.
Mon Top 1 justifié : Si je devais ne retenir qu’une seule collection, ce serait celle d’Hermès. Pas pour son spectacle (il n’y en avait pas), pas pour ses provocations (il n’y en avait pas non plus), mais pour sa justesse absolue. Véronique Nichanian nous rappelle qu’au-delà des tendances, des buzz, des scandales, il y a l’essentiel : des vêtements qui rendent les hommes plus beaux, plus confiants, plus eux-mêmes. Dans un monde saturé de bruit, cette évidence est révolutionnaire.
Mon conseil clé : N’essayez pas de tout suivre. Choisissez UNE tendance qui vous parle vraiment, et appropriez-vous-la complètement. Mieux vaut être excellent dans un registre que médiocre en essayant de tout faire. La mode, c’est comme la vie : c’est une question de choix, pas d’accumulation.
La Fashion Week homme Paris 2026 nous a montré que l’avenir de la mode masculine sera pluriel, inclusif, conscient. Et franchement ? Je trouve ça plutôt excitant.
Questions fréquemment posées (FAQ)
Quelle est la différence entre la Fashion Week homme et femme à Paris ?
La Fashion Week homme se concentre exclusivement sur les collections masculines et se déroule en janvier (pour l’automne-hiver) et juin (pour le printemps-été). Elle est généralement plus courte (6 jours contre 9 pour la femme) et compte moins de défilés. Cependant, la frontière s’estompe : de plus en plus de marques présentent des collections mixtes. La Fashion Week homme 2026 comptait 66 maisons contre environ 100 pour la femme.
Comment peut-on assister aux défilés de la Fashion Week homme Paris ?
L’accès est strictement sur invitation. Les invitations sont envoyées par les maisons de mode aux acheteurs professionnels, journalistes accrédités, influenceurs et célébrités. Pour le grand public, certaines marques proposent des livestreams sur leurs sites ou réseaux sociaux. Des événements off comme les présentations au showroom Sphere sont parfois plus accessibles. Enfin, les street style photos permettent de capter l’ambiance sans invitation.
Quelles sont les marques françaises émergentes à suivre après cette Fashion Week 2026 ?
Jeanne Friot se distingue par son approche militante et inclusive, avec des prix accessibles (180-850 €). Études Studio mêle intellectualisme et streetwear. Valette Studio explore le nouveau romantisme avec un artisanat soigné. Drôle de Monsieur propose un streetwear français avec humour. 3.Paradis d’Émeric Tchatchoua (nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres en janvier 2026) élève le streetwear avec une approche narrative. Ces marques offrent une alternative créative aux grandes maisons à des prix plus abordables.
Pourquoi Véronique Nichanian quitte-t-elle Hermès après 37 ans ?
À 71 ans, Véronique Nichanian a décidé de « passer le témoin » selon ses propres mots. Elle souhaite réaliser un rêve de longue date : passer plusieurs mois au Japon, pays qu’elle affectionne particulièrement. Ce n’est pas un départ contraint mais un choix personnel, pris au sommet de sa carrière. Sa successeure, Grace Wales Bonner, 34 ans, présentera sa première collection en janvier 2027. Nichanian laisse derrière elle un héritage de 76 défilés et une vision intemporelle de la masculinité.
Combien coûte en moyenne une pièce présentée à la Fashion Week homme Paris 2026 ?
Les prix varient considérablement selon les marques. Maisons de luxe (Louis Vuitton, Dior, Hermès) : 800 € à 10 000 € par pièce. Marques premium (Auralee, Rick Owens, Lemaire) : 300 € à 3 000 €. Marques mid-premium (AMI Paris, Études Studio) : 150 € à 1 200 €. Marques émergentes accessibles (Jeanne Friot, Drôle de Monsieur) : 120 € à 850 €. Un costume complet de luxe coûte entre 2 500 € et 8 000 €, tandis qu’un manteau signature varie de 1 500 € à 10 000 €.
Quelles sont les principales tendances mode homme pour l’automne-hiver 2026-2027 ?
Cinq tendances majeures se dégagent : (1) Le tailoring structuré avec des proportions réinventées et le retour de l’épaule affirmée ; (2) La fluidité des genres avec jupes, robes et silhouettes androgynes normalisées ; (3) Le « loud luxury » qui succède au « quiet luxury » avec fourrures XXL et couleurs saturées ; (4) L’outerwear comme pièce statement (puffers, parkas architecturales, manteaux XXL) ; (5) La durabilité comme argument central avec matériaux recyclés et production éthique. Le marché du tailoring masculin devrait croître de 4,2% en 2026.
Pourquoi certaines grandes marques comme Saint Laurent et Loewe étaient absentes du calendrier ?
Loewe a choisi de présenter une collection mixte lors de la Fashion Week femme de mars plutôt qu’un défilé masculin séparé, reflétant la tendance à la fusion des genres. Saint Laurent, qui avait fait son retour au calendrier officiel en juin 2025, a de nouveau disparu, préférant présenter sa collection homme pendant la semaine haute couture. Ces absences permettent paradoxalement à des marques plus petites et indépendantes d’exister davantage dans le calendrier, selon Alice Feillard des Galeries Lafayette.
Comment la Fashion Week homme Paris impacte-t-elle l’économie de la ville ?
La Fashion Week homme génère un impact économique considérable. La Paris Men’s Fashion Week de 2025 avait généré environ 1,2 milliard d’euros, attirant 30 000 visiteurs internationaux. L’événement booste l’hôtellerie (taux d’occupation de 90% pendant la semaine), la restauration, les transports et crée des milliers d’emplois temporaires. Au-delà, elle renforce le statut de Paris comme capitale mondiale de la mode, avec des retombées médiatiques évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros. Le marché mondial de l’habillement devrait atteindre 1 681 milliards de dollars en 2031.
Chiffres clés
66 maisons participantes à la Fashion Week homme Paris 2026 (35 défilés + 32 présentations)
1 440 milliards de dollars : valeur du marché mondial de l’habillement en 2026
3,12% de croissance annuelle prévue pour le marché de l’habillement entre 2026 et 2031
1,2 milliard d’euros générés par la Fashion Week homme Paris (édition précédente)
30 000 visiteurs internationaux attendus pendant la semaine
37 ans : durée du mandat de Véronique Nichanian chez Hermès (record dans l’industrie)
2 000 milliards de dollars : revenus projetés de l’industrie de la mode mondiale en 2026
15% : part du marché du luxe d’occasion en 2026, en forte croissance
Obtenez la recommandation de la semaine
Conseils d’experts. Excellentes offres. Les meilleurs (et les pires) produits testés récemment. Recevez-les dans votre boîte mail.
Sources
- Vogue France et Vogue International, janvier 2026
- Women’s Wear Daily (WWD), Fashion Week Coverage 2026
- Business of Fashion, Paris Fashion Week Analysis
- L’Officiel USA et L’Officiel France, janvier 2026
- Wallpaper Magazine, Paris Fashion Week Men’s A/W 2026 Coverage
- Le Figaro Mode, janvier 2026
- Harper’s Bazaar France, Fashion Week Coverage
- Mordor Intelligence, Apparel Market Report 2026-2031
- Mintel, US Adult Clothing Market Report 2025
- FashionNetwork.com, Paris Menswear Analysis
- Le Monde, Fashion Week Coverage
- France Info Culture, Fashion Week Reports
- Galeries Lafayette, Buyer Insights (Alice Feillard)
- FHCM (Fédération de la Haute Couture et de la Mode), Calendrier Officiel
- Fashion-Week Calendrier